Visiteur du jour, bonjour !

 

Voici la troisième édition d'un billet autour d'un thème que je prends toujours plaisir à faire et dans lequel je reviens vers vous aujourd'hui pour vous proposer de découvrir l'histoire, l'évolution, les traditions et les usages d'un objet de beauté encore utilisé aujourd'hui, comme pour le rouge à lèvres et la coiffeuse, ou alors passé de mode, mais qui ont connu leur heure de gloire dans des temps passés.

 

Je vous emmène chez les élégantes du XVIIIème siècle afin de découvrir l'un de leur rituel de beauté les plus connus, l'utilisation des mouches.

 

.:* Un peu d'histoire *:.

 

Une fois de plus, ce sont les Égyptiennes qui ont utilisé ce procédé en premier. Du moins, un procédé similaire car elles se servaient de petits emplâtres noirs comme nous nous servons d'un correcteur aujourd'hui afin de cacher leurs problèmes de peau ; plus particulièrement, leurs petits boutons, ennemis jurés de toutes les coquettes depuis la nuit des temps finalement !

 

Au Moyen-Âge, période pendant laquelle il y avait également un culte de la beauté, et notamment de la blancheur de la peau, avoir des grains de beauté, naturels, était un atout majeur car ils permettaient de trancher avec la blancheur de l'epiderme. Celles qui n'en avaient pas s'en créait parfois des factices avec un petit bout de tissu noir qu'elles se collaient aux endroits stratégiques. Ils permettaient également, comme au temps des Egyptiens, de cacher une imperfection.

C'est surtout entre le XVIIème et le XVIIIème siècle que la mouche a connu un succès retentissant.

Au départ, ces petits morceaux de taffetas servaient à cacher les boutons causés par la petite variole. En 1796, après la découverte du vaccin contre cette maladie, les précieuses de l'époque continuent à l'arborer en signe de coquetterie.

Au XVIIème siècle, les courtisanes et les marquises collaient ces "tâches avantageuses"  un peu partout sur le visage et le décolleté afin de séduire le galant et d'envoyer des messages.

C'est davantage au XVIIIème siècle qu'elles vont devenir des symboles de la parure et revêtir une signification particulière selon l'endroit où elles sont posées.

Toujours appliquées à des endroits stratégiques afin de cacher certaines imperfections de peau (l'herpès par exemple...), mais aussi afin d'envoyer un message a qui les admirait, l'emplacement de la mouche sur le visage revêtait une symbolique particulière et permettait de connaître le tempérament et la personnalité de l'utilisatrice à un moment donné. Elles étaient, avant tout et de tout temps, des accessoires essentiels de la beauté !

 

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François Boucher - Une Dame à sa toilette

 

 

.:* Quel emplacement pour quel message ? *:.

 

Selon l'endroit du visage où la mouche était placée, le message n'était pas le même, en effet, chaque mouche posée à un endroit différent portait un nom différent. De plus, l'emplacement étudié permettait de révéler un trait de personnalité de la "mouchetée". Ainsi, on appelle une mouche placée ...

 

  • sur le front : la majestueuse
  • près de l’oeil : l'assassine ou la passionnée
  • sur le nez : l'effrontée ou la gaillarde
  • près des lèvres : la coquine ou la baiseuse
  • sous la lèvre : la friponne ou la coquette
  • sur le menton : la discrète
  • sur la joue : la galante
  • dans le creux du sourire ou sur une ride : l’enjouée
  • sur un bouton : la recéleuse
  • sur la poitrine : la généreuse

 

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Source

 

Pour l'anecdote, le fait de porter des mouches révélait un certain signe de frivolité, de ce fait, les Dames qui voulaient paraître sages n'en portaient pas ! ;-)

 

 

.:* Les boîtes à mouches *:.

 

Au XVIIIème siècle, les mouches devenant un must absolu, les précieuses se font toujours représenter sur leurs portraits avec leurs grains de beauté fétiches et ont toujours sur elles leur précieux réceptacle.

Vous vous doutez bien que les modèles de l'époque sont aussi raffinés et distingués que leurs propriétaires comme en témoignent ces modèles :

 

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Boîte à mouche et à musique / Source

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Dans la haute société, la boîte à mouches faisait partie des cadeaux qu'on offrait pour les noces, ainsi que des bijoux et cadeaux qu'on distribuait à la cour, pour certaines occasions. 

D'une forme souvent plate, parfois ovale, le plus souvent rectangulaire, le matériau utilisé était souvent l'or ciselé ou l'argent, mais on trouvait parfois de l'ivoire sculpté. Émail, pierres fines et diamants ainsi que miniatures sur ivoire ornaient ces précieux écrins.

De plus, selon le Roi qui régnait, on trouvait des modes pour la décoration de ces écrins de coquetterie. Ainsi, sous Louis XIV, les sculptures représentaient des scènes mythologiques et le pèlerinage d'amour; sous Louis XV, des sujets gracieux étaient entourés d'ornements rocailles, et sous Louis XVI, des Vénus et des Amours avec leurs attributs.

 

 

.:* La carte du Tendre *:.

 

Comme je vous le disais plus haut, les Précieuses et les élégantes font tout un usage des mouches car elles ne s'en collent non pas une, mais plusieurs sur le visage (elles peuvent en mettre jusqu'à 15 !) qui forment une constellation et envoient différents messages.

 

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D'ailleurs, au XVIIIème siècle, selon les désirs, la mousseline noire qui sert à découper les mouches est coupée en carré, en lune, en croissant, en étoile ou encore en comète, voire même sous la forme d'animaux ou de personnages.

Montesquieu, dans les Lettres Persanes, s'amuse à décortiquer sous le regard étranger de son persan la société française de son époque et plus particulièrement tout ce qui se trame à la Cour du roi de France. En observant ce curieux phénomène de mode, il remarque : "On voit quelquefois sur un visage une quantité prodigieuse de mouches, et elles disparaissent toutes le lendemain". Un bon témoignage de cette époque où l'apparence est reine.

 

 

.:* Les icônes d'aujourd'hui *:.

 

Comment ne pas penser à Marilyn Monroe et sa galante, ainsi que Dita Von Teese et sa passionnée (très en vogue dans les années 30), deux grandes coquettes et précieuses contemporaines ...

 

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Voilà un objet qui a passé les siècles. Aujourd'hui, il est possible de s'en faire tatouer une comme Dita Von teese. Personnellement, je trouve qu'il s'agit d'un symbole de féminité indétrônable et absolu, et en ce qui me concerne, j'ai la chance d'avoir une coquette et une passionnée sur le visage. Et vous ?

J'espère que cet article vous aura plu, comme à l'accoutumée, j'ai pris plaisir à faire cet article même s'il m'a pris la matinée. J'adore faire ce retour aux sources et j'ai encore pleins de sujets en réserve !

Bonne journée !

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Sources : Regard d'antiquaire

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