Visiteur du jour, bonjour,

 

Aujourd'hui, un article que je n'ai pas fait depuis longtemps, et qui rencontre pourtant toujours son petit succès : l'histoire d'un objet de beauté ! Toutefois, une petite divergence aujourd'hui, puisque je ne vais pas parler d'un objet de beauté, mais de tout un rituel.

Vous le savez sûrement, les Égyptiens étaient non seulement une civilisation exceptionnelle au temps des Pharaons, ils étaient aussi très inventifs, ce sont eux qui, par exemple, ont inventé le rouge à lèvres (histoire de rester dans le domaine de la beauté car on ne peut pas les réduire à cette seule invention / découverte bien entendu !), ils étaient également très soucieux de leur apparence. Il est difficile de s'imaginer des reines telles que Cléopâtre ou Nefertiti autrement que comme des femmes plus que sublimes !

 

Donc si vous voulez connaître la routine beauté de ce peuple, je vous invite à lire ce qui suis :)

 

Ce qu'il faut savoir pour commencer, c'est que le maquillage n'était pas réservé aux classes sociales élevées et encore moins seulement aux femmes. Hommes, femmes, enfants, vieillards, artisans, ouvriers, Reine et riches commerçants se maquillaient, principalement les yeux qu'ils auréolaient d'un trait de khôl afin de les protéger de la poussière et du sable, mais aussi des insectes, des maladies oculaires et des rayonnements du soleil.

 

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D'ailleurs, saviez-vous (à moins que je ne me trompe), que les égyptiens mettaient aussi du khôl autour des yeux de leurs chevaux afin de les protéger, comme les leur, du sable ? Tout le monde y avait droit ;)

Comme vous pouvez donc le constater, le maquillage n'avait pas un but uniquement esthétique.

 

Esthétisme, religion et thérapie 

 

Le maquillage égyptien revêtait plusieurs nécessités, le fait de prendre soin de soi et de son apparence relevait d'un sens spirituel et sacré. En effet, l'espérance de vie n'excédant pas 35 à 40 ans, il était plus que nécessaire d'entretenir cette enveloppe extérieure dans le but de rejoindre "la maison de l'éternité"  et de renaître dans les meilleures conditions possibles. 

Une légende raconte qu'Horus, lors d'un combat contre son oncle Seth aurait perdu un oeil dans la bataille. Pour restaurer sa beauté, il aurait inventé le maquillage.

Rituel spirituel et nécessaire, le maquillage était aussi à l'image de leurs représentants : raffiné.

En effet, ils ne se contentaient pas simplement d'un "vulgaire" trait noir autour de l'oeil pour mettre en valeur le regard, ils variaient les textures (matte, scintillante, il y avait du choix) et les formes qui étaient simples (un contour) ou plus élaborées avec des ombrages (ce sont eux qui ont inventé le charbonneux, moi j'vous l'dis !)

 

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Comme je vous le disais plus haut, ils se servaient aussi des minéraux (comme les poudres de malachite verte ou de galène noire) pour soigner ou prévenir des maladies oculaires. Certains papyrus comme le papyrus Ebers propose des recettes thérapeutiques. 

Enfin, les fards étaient utilisés dans le culte divin pour accompagner les morts dans l'au-delà car ils étaient présentés comme des offrandes aux dieux ("ouadjou" = "poudre verte"). D'ailleurs, la divinité Douaou exerçait le métier ... d'ophtalmologiste !

 

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Une palette de couleurs d'abord duochrome ... 

 

Comme je viens de vous le dire, les principales couleurs utilisées étaient le vert et le noir extraites à partir de minéraux.

Couleur qui rappelle celle de la nature, de la jeunesse et de la renaissance, le vert était également la couleur d'Osiris, dieu de la terre représenté avec un visage ... vert.

 

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Cette couleur a principalement été utilisée entre 2600 et 2200 av. JC.

Ensuite, c'est le noir qui a pris le dessus car c'est un peu LA couleur de l'Egypte. En effet, l'étymologie même du mot noir traduit en égyptien par le terme mesmedet signifiait "rendre les yeux parlants, expressifs". Enfin, toujours étymologiquement parlant, l'ancien nom de l'Egypte était Kemet qui signifie "la terre noire" qui rappelle le limon laissé par le Nil qui rend le sol si fertile et qui était ... noir.

 

... puis multicolore :

 

Le fait d'utiliser une base noire offrait tout un nuancier de gris qu'ils obtenaient en ajoutant à la poudre de galène de la poudre de cérusite naturelle qui elle était blanche. Le jaune était aussi utilisé et rappelait la couleur des dieux, du soleil, et de l'immortalité. De même pour le bleu égyptien qui, quant à lui, rappelait le ciel, l'air, et l'eau de laquelle jaillit la vie.

 

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Palette de fards

 

Ainsi, la notion de beauté est souvent rattachée à celle de divinité...

 

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Les soins du corps :

 

Le hâle des hommes et la blancheur des femmes : 

Censés travaillés en extérieur, les hommes étaient toujours bronzés. Alors que les femmes (de la haute société) étaient plutôt "recluses" à la maison et arboraient donc un teint de porcelaine.

 

A propos, connaissez-vous les rituels de beauté de Cléopâtre ?

 

Outre son célèbre bain au lait d'ânesse auquel elle ajoutait une pluie de pétales de roses pour le parfumer, la Reine des reines aimait arborer une paupière supérieure fardée de bleu marine et le dessous de l'oeil ourlé d'une couleur vert d'eau, sans oublier le trait de khôl, of course ;). Pour les cils, elle les sublimait avec de la pâte de khôl et de la graisse. 

 

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Et pour avoir une jolie peau et contrer les méfaits du temps, elle mélangeait trois cuillères à café d'argile qu'elle mélangeait à trois cuillère à café de lait et une de miel.

Pour celles et ceux qui n'avaient pas la chance de pouvoir se prélasser dans des bains au lait d'ânesse, ils pouvaient se "contenter" d'un gommage fait d'huile et de sable qui laissait la peau douce et soyeuse.

Sinon, la plupart des gens se rasaient entièrement le corps.

 

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Le parfum :

 

Après s'être chouchouté, il convenait de sentir bon.

Les égyptiens ne maîtrisaient pas le procédé de la distillation, toutefois, ils savaient faire de la bière et du vin et connaissaient donc le procédé de la fermentation qui permettait d'obtenir de l'alcool naturel (entre 2 et 4%). Du coup, ils n'utilisaient pas de parfums alcoolisés, mais des substances issues de la faune et de la flore. Par exemple, ils broyaient des fruits, des fleurs, des céréales etc. pour obtenir des huiles, des gommes, des graisses parfumées qu'ils filtraient et avec lesquels ils se "parfumaient".

 

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Le lotus bleu était la fleur préféré des Égyptiens, et avec le lys d'eau, ces fleurs représentaient les fleurs sacrées du Nil que les égyptiens aimaient sentir à tout moment.

 

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La coiffure :


Ce sont eux qui ont inventé les perruques et qui en ont fait une véritable culture et une pratique courante dans toutes les couches de la société. Elle était un signe codé d'appartenance sociale, donc d'élégance.

Alors que les plus pauvres portaient une perruque en laine, les classes sociales supérieures arboraient des modèles en soie voire en cheveux naturels qu'ils pouvaient ainsi façonner à leur guise.

Souvent, les hommes avaient le crâne rasé et portaient une perruque pour se protéger du soleil.

 

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Le perruquier était un personnage important. Il attachait les mèches et les nattes ensemble avec de la cire et de la résine. La couleur privilégiée était le noir ou le bleu nuit, avec des ornements tels que des fils d'or ou des plumes.

Certains stimulaient la pousse de leurs cheveux en se frottant le crâne d'onguents à base de graisse de serpent, de crocodile et d'hippopotame (!).

 

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La mode :

 

Vu le temps qu'il faisait, les égyptiens avaient plutôt intérêt à s'habiller légèrement. De même, les vêtements devaient être pratiques (d'un point de vue fonctionnel). De ce fait, le lin était la matière privilégiée, tissé très finement pour les plus riches. Les vêtements les plus transparents étant réservés à l'usage des Reines. Les plus pauvres devaient, quant à eux, se contenter de grosses toiles de coton blanc ou de lin. Les ornements n'étaient pas tellement de rigueur, sauf pour les classes sociales élevées qui demandaient à faire coudre des fils d'or dans leur vêtements. Les prêtres, pour afficher leur rang portaient parfois une peau de léopard sur les épaules. Quant aux esclaves et servant(e)s venu(e)s de l'étranger, ils devaient porter une robe à motif pour les différencier ou tout simplement un collier et une ceinture de perles. 

Les hommes portaient des pagnes, des jupes et des tuniques, et les femmes des robes fourreaux qui descendaient jusqu'aux chevilles. En ce qui concerne les enfants, ils sortaient le plus souvent dans le plus simple appareil.

 

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Au Moyen-Empire, les étoffes se font encore plus légères, la nudité se dévoile encore plus.

Sous le Nouvel-Empire, les femmes arborent des robes longues et évasées, toujours transparentes pour mettre en valeur leurs formes.

Toutefois, le vêtement reste toujours assez simple, et ce sont les bijoux qui font la différence et apporte tout le raffinement et le luxe à la toilette. Tout le monde en portait, en or et pierres précieuses pour les plus riches, en bois et autres matières naturelles pour les autres.

 

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Quant aux chaussures, les pauvres vont nus pieds, tandis que les classes sociales élevées sont quasi-obligées d'en porter car elles représentent un signe de richesse et de raffinement. Elles étaient principalement confectionnées avec des feuilles de palmiers et des tiges de roseaux, et étaient toujours plates.

 

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Voilà pour les rituels de beauté des égyptiens ! Comme vous pouvez le voir, nous n'avons pas inventé grand chose.Leur histoire est vraiment fascinante.

J'espère que cet article vous a plu, si c'est le cas, n'hésitez pas à me laisser un petit mot pour le dire, c'est toujours encourageant ! :)

Dans la même lignée, je vous invite à lire l'histoire du rouge à lèvres et l'histoire du miroir

 

A bientôt et merci pour votre visite  :)

 

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Source infos :

Le langage des fards en Egypte antique

La mode égyptienne

La beauté des femmes egyptiennes